Chaque score estime si les conditions des derniers jours ressemblent à celles qui précèdent habituellement une pousse, à un endroit où l'espèce trouve son habitat. Voici ce qui entre dans le calcul, d'où viennent les données et sur quelles études il s'appuie.
Pour chaque commune et chaque jour, le moteur évalue quatre facteurs entre 0 (défavorable) et 1 (idéal), puis les multiplie.
pousse = 100 × saison × √(température × eau) × gel
Une multiplication plutôt qu'une addition : un seul facteur défavorable suffit à faire chuter le score. Une canicule sur un sol détrempé, ou une température idéale après trois semaines sans pluie, donnent un score bas, comme sur le terrain. C'est le principe du facteur limitant.
🌡️ Température
Moyenne de la dernière semaine, corrigée de l'altitude de chaque commune (environ 6 °C de moins par 1 000 m), comparée à une plage propre à chaque espèce. Une semaine plutôt qu'une journée : le mycélium réagit à la chaleur accumulée dans le sol, pas à un pic d'après-midi.
💧 Eau
Le meilleur de deux mesures : la pluie récente, pondérée autour du délai typique de fructification (de quelques jours à une dizaine de jours selon l'espèce), et l'humidité du sol entre 7 et 28 cm, là où vit le mycélium (modèle ECMWF). Dans plusieurs études méditerranéennes, l'humidité du sol prédit mieux la production que la seule pluie (Karavani 2018, Olano 2020).
📅 Saison
Une fenêtre annuelle par espèce : ouverture progressive, pleine saison, fermeture. Elle est décalée selon l'altitude et la latitude : en montagne et au nord, l'automne arrive plus tôt et le printemps plus tard (Andrew 2018). Hors saison, le score vaut 0.
❄️ Gel
Une nuit de gel marqué abîme les champignons d'automne : le score reste fortement réduit pendant quelques jours (cèpes, girolles, trompettes et autres espèces d'automne). Les morilles, printanières et résistantes aux gelées tardives, ne sont pas concernées.
Température favorable par espèce
Chaque courbe montre l'effet de la température de la semaine, de nul (en bas) à idéal (en haut), et la saison en plaine.
Cèpes15 juin → 1er décembreGirolles15 mai → 30 novembreMorilles20 février → 1er juinPieds-de-mouton15 août → 10 janvierTrompettes20 août → 10 janvierChanterelles en tube1er septembre → 20 janvierPieds bleus15 septembre → 15 janvierLactaires délicieux20 août → 11 décembre
2L'habitat
Une météo idéale ne sert à rien sans les bons arbres. La plupart des champignons de Sporalo sont mycorhiziens : ils vivent associés aux racines de certaines essences et ne poussent pas sans elles. L'habitat suit donc la même logique que la météo : les facteurs se multiplient, et un facteur bloquant fait chuter le score, quels que soient les autres.
BloquantForêt et arbres hôtes Part de forêt autour du point × présence des essences associées. Pas de bois, pas d'arbres à proximité, ou pas d'hôte pour une espèce exigeante (les lactaires sans pins, par exemple) : habitat quasi nul. Le pied bleu, qui décompose la litière des haies et des parcs, fait exception.
BloquantVille et champs Zone majoritairement bâtie (images satellite, résolution d'origine 10 m) : habitat quasi nul. Terres cultivées : défavorables pour le pied bleu.
ModulepH du sol Décisif pour la chanterelle en tube (sols acides), secondaire pour cèpes, girolles et trompettes ; non retenu pour les pieds-de-mouton et le pied bleu, faute d'effet mesurable sur les observations.
ModuleTexture et exposition Sol drainant ou frais selon l'espèce ; versants nord, plus frais, légèrement favorisés.
Sur la carte, l'habitat est calculé pixel par pixel (environ 800 m), à partir de la forêt, des sols et de l'occupation du sol à l'endroit même ; la météo, elle, est celle de la commune la plus proche (voir « Le calcul quotidien »). Une lisière de bois dans un paysage de champs apparaît donc sur la carte, alors que la météo varie plus doucement.
Vérification sur les lieux d'observation publiés (GBIF) : pour les espèces forestières, les zones jugées bloquantes couvrent un tiers à plus de la moitié des communes mais ne contiennent que 3 à 17 % des observations. L'habitat sépare donc bien « forêt » et « hors forêt ». En revanche, la composition fine (essences, pH, exposition) n'améliore guère la distinction entre deux zones boisées, faute de données assez précises (les essences ne sont connues qu'à 1,4 km près).
Le score garde normalement une part du potentiel météo (le « plancher », de l'ordre d'un tiers), car les données d'habitat restent imparfaites : bosquets, haies et lisières ne sont pas toujours cartographiés. Quand l'habitat est bloquant, ce plancher s'efface progressivement et le score devient très bas. Le même calcul est fait dans la fiche d'un lieu et pour peindre la carte.
75 – 100 Très favorable : conditions réunies.
55 – 74 Favorable.
35 – 54 Possible : un ou deux facteurs limitants.
15 – 34 Peu probable.
0 – 14 Défavorable ou hors saison.
4Vérifié sur de vraies observations
Les réglages ont été calés sur les observations publiques de ces espèces en France (GBIF, 2010-2025), associées à la météo historique de chaque lieu (réanalyse ERA5). Le critère : un jour où l'espèce a été trouvée doit obtenir un meilleur score qu'un autre jour de la même saison, au même endroit. Les réglages sont ajustés sur les années paires et contrôlés sur les années impaires, jamais utilisées pendant l'ajustement.
Espèce
Observations
Jour trouvé mieux noté
Cèpes
1 506
75 %
Girolles
802
67 %
Morilles
54
86 %
Pieds-de-mouton
928
69 %
Trompettes
375
66 %
Chanterelles en tube
523
67 %
Pieds bleus
345
71 %
Lactaires délicieux
762
74 %
Ensemble
5 295
71 %
Lecture : pour les cèpes, le jour où ils ont été trouvés obtient un meilleur score qu'un autre jour de la même saison au même endroit dans 75 % des cas. Le hasard donnerait 50 % ; l'ancienne version du calcul obtenait 65 % (sur les 5 espèces suivies alors). Les morilles reposent sur très peu d'observations : leur chiffre est fragile. Mise à jour : 3 novembre 2026.
Ce que ce test dit, et ne dit pas. Un score d'environ 70 % signifie une réelle capacité à repérer les bons jours, pas une prévision fiable à chaque sortie : dans environ trois comparaisons sur dix, un jour ordinaire est mieux noté qu'un jour où l'espèce a été trouvée. Le test utilise la météo observée (réanalyse ERA5), pas les prévisions : au-delà de deux ou trois jours, l'incertitude de la prévision météo s'ajoute. Enfin, les observations GBIF viennent surtout de naturalistes et de promeneurs : elles montrent où l'on cherche autant que où l'on trouve.
Vérification de l'habitat. Séparément, l'habitat a été testé sur les lieux d'observation comparés à des communes tirées au hasard : le classement correct est obtenu dans 72 à 84 % des cas selon l'espèce (hors morilles, qu'aucune donnée disponible ne prédit bien). Comparés cette fois à des lieux où poussent d'autres espèces, c'est-à-dire d'autres forêts, le résultat tombe autour de 50 % pour la plupart : l'habitat dit « il y a une forêt », pas « c'est la bonne forêt ».
Chaque matin, Sporalo récupère auprès d'Open-Meteo 14 jours d'historique et 8 jours de prévision pour chaque point. Chaque commune mélange la météo des quatre points les plus proches (les plus proches pèsent plus), corrigée de sa propre altitude : cela évite les « carrés » que produirait un point unique.
Une carte plus fine que la météo. La météo n'est connue que tous les ~20 km, mais la carte est dessinée au pixel (environ 800 m). Chaque pixel prend la pousse de la commune la plus proche et la multiplie par l'habitat du pixel : les bois, les villes et les champs ressortent donc nettement, alors que la météo, elle, varie lentement. La fiche d'un lieu indique la commune utilisée et les coordonnées exactes du point cliqué ; classements et pages de communes utilisent le score de la commune entière.
6Limites
Un modèle, pas le terrain
Sporalo repose sur des sources publiques et des travaux scientifiques, mais la nature compte d'innombrables exceptions : vous trouverez des champignons là où le score est bas, et aucun là où il est élevé. La météo est connue tous les ~20 km ; entre deux points de mesure, un vallon encaissé, une source, un versant abrité ou une forêt ancienne créent des microclimats qu'aucun modèle régional ne peut voir. Le score indique une tendance ; la connaissance du terrain reste irremplaçable.
Pas une garantie. Le modèle ignore la pression de cueillette, l'histoire de chaque parcelle et la vigueur du mycélium.
Observations imparfaites. Les données naturalistes reflètent aussi l'activité des observateurs (week-ends, sorties mycologiques).
Ce que la science ignore encore. Aucun seuil publié d'humidité ou de température du sol ne déclenche la pousse ; les espèces peu étudiées (chanterelle en tube, pied bleu, lactaires) sont réglées surtout à partir des observations.
Pas encore pris en compte. L'effet des conditions de l'année précédente, l'âge des peuplements et la gestion forestière (les éclaircies, par exemple, modifient la production). Le « coup de froid » après la pluie, souvent cité, a été testé : il n'améliore pas les prévisions sur les observations françaises.
Résolution des données. Les essences d'arbres ne sont connues qu'à environ 1,4 km, les sols à quelques centaines de mètres, la météo à ~20 km : un petit bois isolé ou une haie peuvent manquer, et la limite d'une zone bloquante n'est jamais exacte au pixel près.
Prévisions. Les jours à venir reposent sur une prévision météo dont la fiabilité baisse avec l'échéance, surtout pour la pluie.
Morilles. Leurs essences hôtes (frêne, orme, peuplier, fruitiers) et les zones brûlées ne sont pas cartographiées : leur score d'habitat est moins fiable.
7Données utilisées
Toutes les données sources sont ouvertes. Les mentions d'attribution demandées par les producteurs s'affichent au survol du « ? » ; les licences complètes sont consultables en suivant les liens. Sporalo les transforme (agrégation, interpolation, croisement) : les scores sont une œuvre dérivée et ne sont pas les données d'origine.
Météo quotidienne (températures, pluie, humidité du sol) : 14 jours passés et 8 jours de prévision, sur un maillage de ~1 700 points. Modèles météorologiques nationaux et ECMWF diffusés par Open-Meteo.?Weather data by Open-Meteo.com (CC BY 4.0).
Météo historique (réanalyse) utilisée uniquement pour vérifier le modèle sur les observations passées, via l'archive d'Open-Meteo. Non affichée sur le site. Référence : Hersbach et al. 2020, doi:10.1002/qj.3803.?Generated using Copernicus Climate Change Service information (2026).
Observations de champignons en France (2010-2025) utilisées uniquement pour vérifier le modèle ; elles ne sont ni republiées ni affichées. Chaque observation reste attribuée à son fournisseur (iNaturalist, observatoires naturalistes…), consultable sur gbif.org.?GBIF.org (consulté en 2026), occurrences de champignons, France.
Probabilité relative de présence de 11 essences hôtes (chênes, hêtre, épicéa, pins, sapin, bouleau, châtaignier) au kilomètre.?Commission européenne, Centre commun de recherche (JRC), European Atlas of Forest Tree Species ; Mauri et al. 2017, doi:10.1038/sdata.2016.123.
pH, carbone organique et texture (sable, limon, argile) des 15 premiers centimètres du sol.?ISRIC — World Soil Information, SoilGrids 2.0 ; Poggio et al. 2021, doi:10.5194/soil-7-217-2021.
CC BY / CC BY-SA / domaine public (selon chaque photo)
Photographies des espèces, créditées individuellement sous chaque image.
8Bibliographie scientifique
Publications à comité de lecture sur lesquelles reposent le choix des facteurs, leurs délais et les fenêtres de saison.
Ce qui déclenche les pousses : température et pluie
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